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		<title>Parasciences</title>
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		<title>L'&#233;nigme du big foot</title>
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		<dc:date>2007-11-13T13:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Debenat</dc:creator>


		<dc:subject>Enigmes et Myst&#232;res</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans un livre &#233;tay&#233; par une solide documentation, Jean-Paul Debenat nous invite &#224; une qu&#234;te &#224; travers le continent am&#233;ricain sur les traces des hommes sauvages.
Dans cet article, il s'int&#233;resse particuli&#232;rement &#224; l'&#233;nigmatique &#171; bigfoot &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.parasciences.net/spip.php?mot358" rel="tag"&gt;Enigmes et Myst&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.parasciences.net/local/cache-vignettes/L116xH150/arton169-956ac.jpg&quot; width='116' height='150' style='height:150px;width:116px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le film Patterson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_201 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:375px;'&gt;
&lt;img src='http://www.parasciences.net/local/cache-vignettes/L375xH250/Debenat-531a7.jpg' width='375' height='250' alt=&quot;J-P Debenat&quot; title=&quot;J-P Debenat&quot; style='height:250px;width:375px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Aux &#201;tats-Unis, Roger Patterson poursuit de minutieuses enqu&#234;tes sur le bigfoot. Il accumule les documents, archives, articles de journaux, &#233;tudes. En 1966, il a publi&#233; un livre sur les &#171; abominables hommes des neiges d'Am&#233;rique &#187;. Il a cr&#233;&#233; le &#171; Abominable Snowmen Club of America &#187; qui envoie &#224; ses membres un bulletin trimestriel.
Il part souvent dans la for&#234;t, &#224; cheval, accompagn&#233; d'une mule qui porte les provisions. Il installe son campement le soir, &#224; la mani&#232;re des &#171; cow-boys &#187; popularis&#233;s par Hollywood. Il porte un chapeau &#224; larges bords, des &#171; chaps &#187;, ces jambi&#232;res en cuir qui &#233;vitent de s'&#233;corcher aux buissons et aux &#233;pineux.
Son repas cuit dans un pot de m&#233;tal suspendu &#224; un tr&#233;pied, au-dessus du feu de bois. Assis sur une souche, le fusil &#224; port&#233;e de main, de m&#234;me que la gourde remplie d'eau, il attise le feu &#224; l'aide d'un branchage. Le sac de couchage est encore roul&#233; &#224; ses pieds. &#192; l'arri&#232;re-plan, attach&#233;s &#224; un pin Douglas, le cheval et la mule semblent veiller sur lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sc&#232;ne convenue, clich&#233;, dira-t-on ! Sans doute, mais la vie du trappeur, du chasseur ou du chercheur d'or ressemble parfois &#224; une succession de clich&#233;s, de sc&#232;nes idylliques ou grandioses, dans le cadre agrandi des montagnes, des lacs et des torrents. Du moins lorsque rien ne vient en troubler l'harmonie&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 20 octobre 1967, Roger Patterson chevauche en compagnie d'un partenaire, Bob Gimlin, dans la vall&#233;e de Bluff Creek en Californie du Nord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;tour d'une courbe prononc&#233;e, une clairi&#232;re s'ouvre, constitu&#233;e en r&#233;alit&#233; par le lit en partie &#224; sec du torrent. &#192; cet instant, les chevaux se cabrent, d&#233;sar&#231;onnant les cavaliers : un &#234;tre gigantesque traverse la clairi&#232;re &#224; moins de trente m&#232;tres d'eux. Patterson saisit sa cam&#233;ra et commence &#224; filmer tout en courant vers la cr&#233;ature qui se d&#233;place de la gauche vers la droite. Elle mesure &#224; peu pr&#232;s deux m&#232;tres trente pour un poids estim&#233; &#224; 180 kg. Ses seins pendulaires &#8211; c'est une femelle &#8211; sont bien visibles, et un pelage noir et lustr&#233; recouvre le corps, &#224; l'exception d'un mince rectangle allong&#233; &#8211; tel une fente en longueur, aux angles marqu&#233;s &#8211; au niveau des yeux. L'&#234;tre balance les bras avec une amplitude importante, le rythme de la marche demeure r&#233;gulier, m&#234;me lorsqu'il enjambe un tronc d'arbre mort. On remarque une cr&#234;te osseuse &#224; l'arri&#232;re du cr&#226;ne ; le cou est tr&#232;s ramass&#233; ; le dos et la musculature des &#233;paules, imposants. Le diam&#232;tre et la forme des bras et des jambes semblent irr&#233;guliers, comme alourdis par les protub&#233;rances des muscles qui, dirait-on, roulent sous la toison noire.
&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_203 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:450px;'&gt;
&lt;img src='http://www.parasciences.net/local/cache-vignettes/L450xH300/bigfoot2-7a993.jpg' width='450' height='300' alt=&quot;Bigfoot&quot; title=&quot;Bigfoot&quot; style='height:300px;width:450px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Patterson continue la poursuite, tout en essayant d'ajuster l'objectif de la cam&#233;ra. La cr&#233;ature, que l'on a vue bri&#232;vement de face, puis de profil jusqu'&#224; cet instant, se retourne &#224; demi, en une rotation du torse. Elle regarde Patterson sans se d&#233;partir de son apparente nonchalance. C'est le torse et la t&#234;te qui pivotent ensemble &#224; partir des hanches &#8211; peu marqu&#233;es &#8211; &#224; la mani&#232;re de quelqu'un qui souffre d'un torticolis. Puis la cr&#233;ature s'enfonce dans la for&#234;t, toujours du m&#234;me pas r&#233;gulier, et dispara&#238;t au sein des buissons.
Pendant ce temps, Bob Gimlin a r&#233;ussi &#224; ma&#238;triser les chevaux, affol&#233;s par l'aspect de la cr&#233;ature ou bien par la puanteur qu'elle d&#233;gage. Les deux hommes la suivent &#224; la trace mais un affluent du torrent leur barre le chemin. Ils se pr&#233;cipitent jusqu'&#224; la ville la plus proche afin d'alerter la communaut&#233; scientifique.
Le lendemain, Ren&#233; Dahinden, chercheur priv&#233; et expert autodidacte en mati&#232;re de Sasquatch, se rendit &#224; Bluff Creek et ex&#233;cuta un moulage d'une empreinte. Mais la pluie s'&#233;tait mise &#224; tomber pendant la nuit et les risques d'inondation forc&#232;rent les hommes &#224; quitter la vall&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film de Patterson repr&#233;sente une s&#233;quence continue de 65 m&#232;tres, de format 16 mm, en couleur. Au d&#233;but, pendant que Patterson courait, l'image floue tressaute avant de se stabiliser. Apr&#232;s mise au point, la cr&#233;ature, lorsqu'elle se d&#233;tourne, appara&#238;t avec une nettet&#233; assez impressionnante &#224; l'&#233;cran.
L'arr&#234;t sur image pr&#233;cise l'aspect g&#233;n&#233;ral, massif, de la femelle Sasquatch : tronc &#233;pais sans r&#233;tr&#233;cissement entre les &#233;paules et les hanches, pelage court, presque pelucheux, cr&#226;ne conique qui s'enfonce dans les &#233;paules comme en l'absence de cou.
La pilosit&#233; du visage est r&#233;duite, inexistante sur la paume des mains et la plante des pieds, les jambes &#233;paisses et muscl&#233;es, les fesses pro&#233;minentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un document unique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut ais&#233;ment imaginer l'int&#233;r&#234;t que suscite un tel film, que ce soit aupr&#232;s des sp&#233;cialistes ou du grand public. Il fut d'ailleurs projet&#233; dans le pays tout entier et aujourd'hui encore, on continue de l'analyser et de le diss&#233;quer lors de congr&#232;s de zoologie.
Penchons-nous sur l'examen critique qu'en tira John Napier et ce, pour plusieurs raisons : Napier remplissait &#224; l'&#233;poque des fonctions officielles au sein du prestigieux Smithsonian Institute et tout en conservant un esprit ouvert, s'effor&#231;ait &#224; la rigueur et &#224; la prudence ; parall&#232;lement, ses comp&#233;tences scientifiques lui valaient une r&#233;putation m&#233;rit&#233;e. En outre, il se livra &#224; une &#233;tude approfondie du film quelques mois seulement apr&#232;s la rencontre de Bluff Creek, le 2 d&#233;cembre 1967 pour &#234;tre pr&#233;cis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Napier &#233;tablit un compte rendu que l'on peut r&#233;sumer ainsi :
1. La d&#233;marche, globalement, se rapproche de celle de l'homme moderne, Homo Sapiens.
2. Le rythme de la marche, la fluidit&#233; des mouvements du corps et le balancement des bras sont grossi&#232;rement exag&#233;r&#233;s.
3. En d&#233;pit de l'importance des seins pendulaires, la d&#233;marche ressemble &#224; celle d'un &#234;tre humain de sexe masculin.
4. Le sommet du cr&#226;ne de forme conique est assur&#233;ment d'apparence non-humaine ; on le retrouve fr&#233;quemment chez les gorilles m&#226;les adultes et les orangs-outangs m&#226;les. La fonction de cette cr&#234;te osseuse est de fournir une attache suffisante aux muscles puissants destin&#233;s &#224; animer les m&#226;choires massives. C'est une caract&#233;ristique essentiellement m&#226;le, observable dans de tr&#232;s rares occasions chez les femelles.
5. La structure physique de la cr&#233;ature et le poids qu'elle implique, notamment au niveau du torse, laissent supposer que le centre de gravit&#233; soit plus &#233;lev&#233; que chez l'homme ; ce qui devrait modifier la d&#233;marche. Or le centre de gravit&#233; de la cr&#233;ature est identique &#224; celui de l'homme moderne.
6. L'existence des fesses, typique de l'&#234;tre humain, est en d&#233;saccord avec la nature simiesque de la partie sup&#233;rieure de la cr&#233;ature : la moiti&#233; sup&#233;rieure du corps ressemble &#224; celle d'un singe et la partie inf&#233;rieure est typiquement humaine. Il est pratiquement impossible d'envisager l'existence de tels hybrides dans la nature. Une moiti&#233; de cet &#234;tre est certainement artificielle : si l'on consid&#232;re sa d&#233;marche, ce ne peut &#234;tre que la partie sup&#233;rieure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_202 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:307px;'&gt;
&lt;img src='http://www.parasciences.net/local/cache-vignettes/L307xH400/bigfoot1-fb2c8.jpg' width='307' height='400' alt=&quot;Bigfoot&quot; title=&quot;Bigfoot&quot; style='height:400px;width:307px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Pour John Napier, il demeure &#233;vident que la d&#233;marche de la cr&#233;ature comporte un c&#244;t&#233; forc&#233;. Mais pourquoi l'auteur du canular &#233;ventuel, pr&#233;par&#233; avec soin, g&#226;cherait-il ses effets ?
Napier suppose qu'en l'occurrence, un individu costum&#233;, d&#233;termin&#233; &#224; suivre une trajectoire rectiligne, s'effor&#231;ait de graver ses empreintes avec nettet&#233; dans le sol sablonneux tout en effectuant de grandes enjamb&#233;es. D'o&#249; l'aspect &#171; exag&#233;r&#233; &#187; de sa d&#233;marche.
On notera que John Napier conclut &#224; l'imposture non pas a priori, mais apr&#232;s &#233;tude minutieuse du document film&#233;. Ce trait d'honn&#234;tet&#233; m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233;. Le m&#233;pris de la communaut&#233; scientifique &#224; l'&#233;gard d'une d&#233;couverte hors-norme est plus fr&#233;quent qu'on ne le croit.
Ainsi l'identification du Coelacanthe, poisson &#224; &#171; pattes &#187; appartenant &#224; un groupe consid&#233;r&#233; comme &#233;teint depuis 65 millions d'ann&#233;es et p&#234;ch&#233; vivant au large de l'Afrique du Sud en 1938, demeure-t-elle exemplaire. Le professeur Smith a d&#233;crit, dans son ouvrage A la Poursuite du Coelacanthe (Plon, 1960), les difficult&#233;s qu'il rencontra pour faire admettre &#224; ses coll&#232;gues qu'ils se trouvaient en pr&#233;sence &#8211; d'autant qu'ils pouvaient l'examiner &#224; loisir &#8211; d'un exemplaire de &#171; fossile vivant &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ren&#233; Dahinden et Peter Byrne :
le point de vue des hommes de terrain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je reviens dans mon livre Sasquatch et le myst&#232;re des hommes sauvages sur les r&#233;actions diverses de &#171; l'establishment &#187; vis-&#224;-vis du film de Patterson qui fut, dans l'ensemble, trait&#233; par le m&#233;pris en Am&#233;rique du Nord, dans les ann&#233;es 1967-68. Au point que Ren&#233; Dahinden, chercheur ind&#233;pendant, s'employa &#224; rechercher de par le monde des interlocuteurs susceptibles de le prendre au s&#233;rieux : il entreprit un voyage en Grande-Bretagne et en Europe afin d'y montrer moulages et photographies d'empreintes et d'y pr&#233;senter des enregistrements de t&#233;moins oculaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233; &#224; Lucerne en Suisse en 1930, Dahinden, plac&#233; dans un orphelinat catholique un mois apr&#232;s sa naissance, fut adopt&#233; par un couple jusqu'en 1939, puis plac&#233; dans une institution. Au bout d'un an, sa m&#232;re le r&#233;clama mais l'enfant ne sut pas s'adapter &#224; sa nouvelle famille : une m&#232;re, qu'il ne connaissait pas plus que son beau-p&#232;re dot&#233; d'un fils et d'une fille n&#233;s d'un pr&#233;c&#233;dent mariage.
On l'envoya dans une famille &#224; la campagne et pendant trois ans il fut gar&#231;on de ferme. &#192; quinze ans, endurci, il travailla chez un boucher, un marchand de vin, puis comme matelot sur un bateau lacustre. Pendant quelques ann&#233;es, il parcourut l'Europe passant d'un petit m&#233;tier &#224; l'autre. Il descendit le Rhin en canot pneumatique, de sa source glaci&#232;re jusqu'&#224; B&#226;le. Il rencontra sa future &#233;pouse Wanja &#224; Stockholm et ils d&#233;cid&#232;rent d'&#233;migrer au Canada en 1953.
Un fermier de Calgary, Wilbur Willick, l'embaucha. Ren&#233; Dahinden se souvient du 3 d&#233;cembre 1953 : la radio annon&#231;a la formation d'une exp&#233;dition, sous l'&#233;gide du quotidien Daily Mail de Londres, pour rechercher le Y&#233;ti dans l'Himalaya. Ren&#233; s'exclama : &#171; Chasser un tel &#234;tre, &#231;a devrait &#234;tre formidable ! &#187;.
Wilbur lui r&#233;pondit : &#171; Pas besoin d'aller si loin ; on a la m&#234;me chose, en Colombie Britannique &#187;.
Ren&#233; trouva un emploi l'&#233;t&#233; suivant &#224; environ 500 km au nord de Vancouver, Colombie Britannique. Chaque fois qu'il put se rendre dans cette ville, il y fr&#233;quenta le mus&#233;e et la biblioth&#232;que publique.
Mais alors qu'il accumulait les documents sur le Sasquatch, les Canadiens qu'il interrogeait tentaient de le dissuader : &#171; Voyons, ce n'est qu'une l&#233;gende indienne, rien de plus ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_200 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:305px;'&gt;
&lt;img src='http://www.parasciences.net/local/cache-vignettes/L305xH250/Bigfoot3-7fd3b.jpg' width='305' height='250' alt=&quot;Bigfoot&quot; title=&quot;Bigfoot&quot; style='height:250px;width:305px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Jeune aventurier imp&#233;tueux, Ren&#233; admet qu'&#224; cette &#233;poque &#171; il n'&#233;tait pas en mesure d'&#233;valuer ce qu'il lisait ou entendait &#187;
Cependant au fil des ann&#233;es, Ren&#233; examine les comptes rendus, interroge les t&#233;moins et v&#233;rifie leurs dires sur le terrain. Ses recherches ne font qu'aviver sa curiosit&#233; ! En 1956, il s'associe avec John Green dont les publications refl&#232;tent les d&#233;couvertes effectu&#233;es par les deux partenaires sur une p&#233;riode de treize ans.
Ren&#233; Dahinden participe bri&#232;vement &#224; la Pacific Northwest Expedition de Tom Slick, avec un salaire de trois cent cinquante dollars par mois, log&#233; et nourri. Mais Ren&#233; soup&#231;onne certains membres de l'exp&#233;dition d'exploiter Tom Slick qui consacre un budget important &#224; la recherche du Sasquatch ; leur esprit de lucre lui r&#233;pugne et il souffre, semble-t-il, de l'absence d'organisation au sein de l'&#233;quipe. Il reprend rapidement sa libert&#233; afin de poursuivre ses propres recherches, s'associant &#224; l'occasion avec divers partenaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, le 14 d&#233;cembre 1969, en compagnie d'Ivan Marx, on le retrouve au nord-est de l'&#233;tat de Washington, sur les bords de l'immense lac Roosevelt, pr&#232;s de Bossburg, r&#233;gion faiblement peupl&#233;e, proche de l'Idaho.
Ils y d&#233;couvrent des traces qui deviendront c&#233;l&#232;bres et donneront naissance &#224; bien des controverses. Les pas s'inscrivent dans la neige sur une rive &#224; pente accentu&#233;e, traversent une voie ferr&#233;e, une route, une cl&#244;ture, m&#232;nent &#224; la for&#234;t, puis reviennent au lac. L'empreinte du pied gauche, longue de 42,5 cm, large de 13,5 cm est normale ; celle du pied droit t&#233;moigne d'une d&#233;formation grossi&#232;re et ne comporte que quatre doigts. Apr&#232;s avoir examin&#233; les traces pendant la plus grande partie de la journ&#233;e, Ren&#233; Dahinden en conclut qu'il s'agit d'un &#234;tre vivant dot&#233; de doigts de pieds mobiles.
Il compta 1049 empreintes au total.
John Napier suppose qu'elles sont authentiques. La d&#233;formation du pied droit, cong&#233;nitale ou accidentelle, pr&#233;sente des caract&#233;ristiques telles &#171; qu'il est tr&#232;s difficile d'imaginer un charlatan dou&#233; d'une subtilit&#233;, d'un savoir &#8211; et d'une perversit&#233; &#8211; suffisants pour falsifier d&#233;lib&#233;r&#233;ment une empreinte de cette nature &#187;. Les empreintes sont donc convaincantes du point de vue biologique, en raison d'une part de l'anomalie, parfaite si l'on peut dire, du pied droit ; et de l'apparence normale du pied gauche, en termes de fonction et de structure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on admet avec Don Hunter que &#171; Ren&#233; Dahinden est l'arch&#233;type de l'homme hant&#233; par une mission &#187;, il n'est gu&#232;re surprenant que ses convictions se soient fortifi&#233;es : les preuves de l'existence du Sasquatch s'accumulent, fruits de ses propres investigations ou de celles de ses coll&#232;gues.
Dans ce contexte de passion et d'&#233;mulation, le film Patterson repr&#233;sentait un &#233;l&#233;ment du dossier, d&#233;j&#224; volumineux, d'une valeur inestimable ; c'&#233;tait peut-&#234;tre la preuve d&#233;finitive de l'existence du Sasquatch. En tout cas, Ren&#233; Dahinden le croyait.
Que s'&#233;tait-il pass&#233; apr&#232;s la rencontre du 20 octobre 1967 ?
Patterson et Gimlin avaient contact&#233; diverses personnalit&#233;s, dont John Green &#224; qui ils demandaient d'avertir des scientifiques. Aucun n'accepta de se d&#233;placer, disant qu'ils jugeraient apr&#232;s projection du film. Dahinden, alors &#224; San Francisco, se rendit imm&#233;diatement &#224; Bluff Creek o&#249;, malheureusement, l'orage interrompit les recherches compl&#233;mentaires.
Mais pour Dahinden, comme pour Green et bien d'autres, la validit&#233; du film &#233;tait incontestable : la d&#233;marche du Sasquatch est plus souple que celle d'un Homo Sapiens ; les genoux demeurent pli&#233;s, conf&#233;rant ainsi une allure fluide &#224; la cr&#233;ature, alors que nous raidissons la jambe, plions le genou et ainsi de suite. Cependant, la cr&#233;ature pr&#233;sente une structure et une d&#233;marche humaine dans l'ensemble. Il pouvait s'agir d'un hominid&#233;, en toute probabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peter Byrne quant &#224; lui se trouvait dans la jungle du sud-ouest du N&#233;pal le jour o&#249; la cr&#233;ature de Bluff Creek fut film&#233;e. De retour aux &#201;tats-Unis, il visionna le film et se posa lui aussi la question in&#233;vitable : est-ce une cr&#233;ature vivante authentique ou bien un homme costum&#233; ? S'adressant &#224; divers sp&#233;cialistes, il pr&#233;sentera le film en 1973, au chef technicien des studios Walt Disney, &#224; Burbank, en Californie qui d&#233;clara :
&#171; Si c'est un faux, il faut alors admettre qu'il s'agit d'un chef-d'&#339;uvre car, d'apr&#232;s nous, le seul endroit au monde o&#249; une simulation de cette qualit&#233; puisse voir le jour, c'est ici, dans nos studios, et cette pellicule n'a pas &#233;t&#233; impressionn&#233;e chez nous &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors de l'entretien priv&#233; qu'il m'accorda en avril 1994, Peter Byrne pr&#233;cisa qu'il reste &#224; passer le film Patterson au crible des derni&#232;res techniques d'analyse de l'image &#224; l'aide d'un ordinateur. On ne peut affirmer &#224; cent pour cent que le film soit authentique tant que cette analyse, processus co&#251;teux, n'a pas &#233;t&#233; effectu&#233;e. Mais Peter Byrne pense qu'il ne s'agit pas d'une mascarade : en effet, la perspective d'un truquage d'une telle complexit&#233; lui semble impossible. Connaissant les deux hommes, Patterson et Gimlin, auteurs du film, Peter Byrne les estime incapables de se livrer &#224; une imitation du Sasquatch et &#224; une mise en sc&#232;ne aussi &#233;labor&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_204 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.parasciences.net/local/cache-vignettes/L250xH375/empreinte-936b0.jpg' width='250' height='375' alt=&quot;Empreinte&quot; title=&quot;Empreinte&quot; style='height:375px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Peter Byrne connaissait Patterson personnellement et il insiste sur l'int&#233;r&#234;t sinc&#232;re que ce dernier portait au Bigfoot. Le livre que Patterson &#233;crivit, illustra et publia &#224; compte d'auteur en t&#233;moigne.
Peter Byrne rendit visite &#224; Patterson quelques semaines avant sa mort : Patterson souffrait cruellement de la maladie de Hodgkin et ne pesait plus que quarante-cinq kilos.
&#171; Je n'oublierai jamais l'une de ses derni&#232;res confidences &#187;, dit Peter Byrne. &#171; Nous avions emport&#233; un fusil et nous aurions d&#251; tirer sur cette cr&#233;ature ; ainsi les gens nous auraient crus &#187;.
Patterson souffrit jusqu'&#224; la fin de ses jours du scepticisme qui se manifesta fr&#233;quemment &#224; l'&#233;gard de son film.
Projet&#233; en de nombreuses occasions, le film rapporta quelques b&#233;n&#233;fices &#224; Patterson sous forme de droits d'auteur. Apr&#232;s sa mort, les droits en &#233;churent &#224; sa famille et le partenaire de Patterson, Gimlin, ne toucha pas un centime. Il en &#233;prouva de l'amertume mais ne d&#233;mentit jamais l'authenticit&#233; du film. Peter Byrne pense que Gimlin aurait pu ais&#233;ment se venger en d&#233;clarant, si tel avait &#233;t&#233; le cas, qu'il s'agissait d'une mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peter Byrne remarque &#233;galement que l'emplacement pr&#233;sentait des risques. En effet, le vendredi apr&#232;s-midi, on peut y rencontrer des chasseurs, des amateurs de randonn&#233;es, et il y a dans la r&#233;gion des lieux isol&#233;s qui conviendraient certainement mieux &#224; la mise en &#339;uvre d'un canular.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Dr Grover Krantz interrogea Bob Gimlin peu apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de Patterson : Gimlin l'assura qu'il lui &#233;tait impossible de pr&#233;senter le moindre argument pour &#233;tayer la th&#232;se d'une tromperie perp&#233;tu&#233;e par son partenaire. En supposant que Patterson e&#251;t imagin&#233; la participation d'un acolyte v&#234;tu d'un costume de fourrure, ce dernier aurait pu y laisser la vie. Patterson et Gimlin avaient d&#233;cid&#233; de ne pas utiliser d'arme &#224; feu. Mais en cas de rencontre inopin&#233;e avec le Sasquatch, vrai ou faux, Patterson pouvait-il pr&#233;juger du comportement de Gimlin ? Ce dernier, sous le coup de la panique, ou bien encore estimant son compagnon menac&#233;, n'aurait-il pas fait feu ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fin de compte, Patterson &#233;tait-il techniquement capable de se livrer &#224; une &#171; fabrication &#187; ? Grover Krantz &#8211; de m&#234;me que Peter Byrne &#8211; r&#233;pond n&#233;gativement.
Lorsque Grover Krantz, commentant le film, aborda les d&#233;tails techniques de biom&#233;canique, Patterson perdit pied rapidement, &#224; la mani&#232;re du jeune &#233;tudiant qui, le regard perdu, tente de se raccrocher &#224; ses maigres connaissances. Pourtant, afin de produire un document falsifi&#233; tant soit peu convaincant, Patterson aurait n&#233;cessairement d&#251; conna&#238;tre ces d&#233;tails d'ordre biom&#233;canique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut ainsi multiplier les questions et les suppositions sans pour autant dissiper le myst&#232;re qui p&#232;se sur l'objet observ&#233; comme sur l'observateur. En l'occurrence, qui &#233;tait Patterson ? J'ai souvent scrut&#233; son visage sur les photographies. J'y ai vu un cavalier vieillissant, aux traits marqu&#233;s &#224; la mani&#232;re du Montgomery Cliff du film de John Huston, Les D&#233;sax&#233;s (The Misfits) ; un de ces Am&#233;ricains simples, aventureux, cow-boy de rod&#233;os, organisateur de spectacles, un peu cascadeur, s'adaptant aux circonstances, vivant sans grand souci du confort mat&#233;riel dans son petit ranch. Sa silhouette, chapeau &#224; larges bords, veste en peau de mouton &#224; col retourn&#233;, bottes &#224; talons, se d&#233;coupe sur la maison d'habitation modeste en planches et en rondins. Je l'imagine sans peine, chevauchant au bord des torrents, s'enfon&#231;ant sous les grands arbres de la for&#234;t, l'&#339;il et l'oreille naturellement aux aguets, dans le cadre sauvage qui fut le sien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;tait-il, comme je le croirais volontiers, un &#234;tre solitaire qui ne cessa d'interroger la for&#234;t ? Celle-ci, un certain jour, lui envoya un signe &#8211; sans doute -&#8211; qui l'&#233;carta un peu plus de la communaut&#233; des hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article suppl&#233;mentaire &#224; la revue &lt;a href=&quot;http://www.parasciences.net/spip.php?article110&quot; class='spip_in'&gt;Parasciences&lt;/a&gt; n&#176; 66 parue &#224; l'&#233;t&#233; 2007&lt;/strong&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.parasciences.net/spip.php?article154&quot; class='spip_in'&gt;Lien pour vous y abonner&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sasquatch et le myst&#232;re des hommes sauvages</title>
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		<description>Cet ouvrage recouvre dix ans de travail sur l'Homme sauvage, connu aupr&#232;s des scientifiques sous le nom de &#171; Sasquatch &#187;. Il s'agit d'une expression qui d&#233;signe &#224; la fois nos anc&#234;tres pr&#233;historiques, les tribus dites primitives, les hominid&#233;s reliques, des &#234;tres mal identifi&#233;s si souvent &#233;voqu&#233;s et repr&#233;sent&#233;s au Moyen-&#194;ge, ainsi que le myst&#233;rieux &#171; bigfoot &#187; qui intrigue tant les ufologues. La premi&#232;re partie de ce livre traite de rencontres avec Sasquatch &#224; partir de t&#233;moignages collect&#233;s &#224; partir de 1920. La (...)

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet ouvrage recouvre dix ans de travail sur l'Homme sauvage, connu aupr&#232;s des scientifiques sous le nom de &#171; Sasquatch &#187;. Il s'agit d'une expression qui d&#233;signe &#224; la fois nos anc&#234;tres pr&#233;historiques, les tribus dites primitives, les hominid&#233;s reliques, des &#234;tres mal identifi&#233;s si souvent &#233;voqu&#233;s et repr&#233;sent&#233;s au Moyen-&#194;ge, ainsi que le myst&#233;rieux &#171; bigfoot &#187; qui intrigue tant les ufologues.
La premi&#232;re partie de ce livre traite de rencontres avec Sasquatch &#224; partir de t&#233;moignages collect&#233;s &#224; partir de 1920.
La seconde partie traite de Sasquatch tel que le d&#233;crivent les scientifiques, notamment au travers de leurs &#233;crits. Ces derniers constituent une source consid&#233;rable non traduite en fran&#231;ais. L'auteur y &#233;voque l'esprit de la recherche cryptozoologique, ainsi que les pratiques des hommes de terrain, &#233;rudits ou non, anim&#233;s par une certitude : l'existence de cr&#233;atures que la science a oubli&#233; de r&#233;pertorier.
La troisi&#232;me partie aborde le contexte am&#233;rindien traditionnel, entre autres les grandes figures du bestiaire indien. Cela permet de constater qu'il est pratiquement impossible de s&#233;parer l'aspect scientifique de l'Homme sauvage des aspects li&#233;s &#224; la tradition.
Cette derni&#232;re partie met l'accent sur les contes et l&#233;gendes, sur l'univers chamanique et l'absence de fronti&#232;re entre terre r&#233;elle et terre sacr&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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